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18/11/2017

Égalité homme/femme : à quand la courageuse Princesse Charmante qui sauve le pauvre et vulnérable Beau au Bois Dormant?

Congé paternité, obligation de servir, égalité salariale : il faut compenser les différences biologiques pour laisser aux hommes et aux femmes le libre choix d’occuper le rôle qu’ils/elles désirent dans la société.


La nature créa d’elle-même des inégalités entre les femmes et les hommes. Ainsi, si l’homme est en moyenne physiquement plus fort, c’est à la femme que revient le privilège d’accueillir et ensuite d’accoucher de la progéniture. Cette différence biologique inéluctable provoque une différence de rôle social évitable. L’homme est désigné responsable de la sécurité et de la gestion du monde extérieur, de la société, alors que la femme est dédiée à l’organisation de la sphère privée et du monde intérieur, la famille. Or, cette différence de rôle provoque, dans le monde extérieur comme intérieur, une interdépendance qui créé un rapport de force discriminatoire. On ne peut prétendre vivre dans une société égalitaire si le rôle qu’un être humain occupe dans la société dépend de son genre. Dans la sphère publique, la femme ne peut être égale à l’homme si elle dépend de lui pour être défendue. Dans la sphère privée, l’homme ne peut être égal à la femme s’il dépend d’elle pour s’occuper des nouveau-nés. À l’heure où la femme revendique de façon totalement légitime ses droits dans le monde extérieur, notamment à travers l’égalité salariale et la représentation politique, il est capital que des institutions soient mises en place afin de compenser les différences biologiques qui ont institué une différence de rôle. Nous en avons les moyens technologiques, financiers et intellectuels. Ainsi, ces institutions pourraient donner la possibilité à l’homme et à la femme de choisir librement leur rôle dans la sphère intérieure comme dans le monde extérieur. Comment osons-nous prétendre à l’égalité des genres en Suisse alors que c’est officiellement à l’homme qu’il incombe la tâche militaire de défendre le pays et à la femme qu’est donné le droit de s’occuper du nouveau-né ? Les rapports de force dans chacune des sphères sont ancrés dans la loi, et dans ces conditions, pourquoi s’étonner qu’il soit plus simple pour un homme d’effectuer une carrière professionnelle florissante, et pour une femme de conserver la garde des enfants?

 

Malheureusement, il ne suffira pas d’un changement d’institutions pour égaliser les rôles de l’homme et de la femme. En effet, l’égalité des rôles sur le plan institutionnel doit être précédée par une égalité des rôles dans les idées, c’est-à-dire dans les représentations collectives de l’homme et de la femme. Avec le temps, les êtres humains ont intériorisé le fait que le monde extérieur appartient aux hommes et le monde intérieur appartient aux femmes. Ainsi, encore aujourd’hui, pour l’homme, c’est plutôt la performance professionnelle qui détermine sa réussite sociale alors que pour la femme, c’est son succès dans sa vie privée qui détermine son bonheur. Le Prince Charmant a réussi sa vie parce qu’il a bravé toutes les épreuves pour sauver la Belle au Bois Dormant, et cette dernière a réussi sa vie parce qu’elle a trouvé un Prince Charmant. Ce schéma qui peut paraître « naturel » crée non seulement une dépendance de la femme vis-à-vis de l’homme face au monde extérieur, mais cantonne l’homme (et la femme) dans un rôle prédéfini (voir le très bon documentaire « The Mask You Live In » de Jennifer Siebel). Or, les institutions ne sont qu'un reflet de ces représentations collectives.

 

Alors pour arriver à une réelle égalité entre hommes et femmes, ou en tout cas à un libre choix du rôle que chaque être humain veut adopter dans la sphère privée ou dans la sphère publique, il faut d’abord accepter l’idée d’un Beau au Bois Dormant sauvé par la courageuse Princesse Charmante. Seulement après pourrons-nous nous atteler à créer des institutions égalitaires (congé paternité, égalité salariale, obligation de servir pour tous) garantissant une réelle liberté pour chacun de choisir le rôle qui lui convient dans la sphère privée et la sphère publique. L’homme et la femme ne sont pas semblables biologiquement, cela n’empêche pas qu’on leur donne le libre choix d’occuper le rôle qu’ils/elles désirent dans la sphère privée comme dans la sphère publique. Ce n’est qu’avec cette liberté de choix que nous pourrons prétendre vivre dans une société égalitaire.

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Commentaires

Le conte de la Belle au Bois Dormant illustre surtout, comme toutes les histoires mythiques, une dynamique intrapsychique.
En fait, celui qui agit est le principe masculin, yang pour les Chinois, pour aller à la rencontre du principe féminin, Yin.
Ces deux principes sont immuables, ils ne seront jamais égalitaires mais représentant les deux polarités d'une unité, le Tao.
Chaque être humain détient en lui ces deux polarités et a le libre-arbitre d'en disposer. Mais on ne changera jamais le fait que c'est le pénis émissif de l'homme qui pénètre le vagin réceptif de la femme. Ce qui n'empêche pas que dans l'activité sexuelle, chaque partenaire use de ses capacités yin ou yang.
De même dans le travail intrapsychique, c'est la partie yang qui décide et va explorer les forces inconscientes qui vont s'éveiller, autrement dit entrer dans la conscience quand elles sont découvertes.
Donc, il y a une nuance de taille entre "sauver" l'être endormi et simplement le "réveiller". On voit par là que l'homme a une action vers, qui dans certains cas peuvent sauver, et qu'il n'y a effectivement pas à lui attribuer un pouvoir glorieux. Il découle de cela qu'il s'avère normal actuellement de rectifier ce paradigme dans tous les abus de la société.
Par conséquent, je vois que l'amélioration des conditions se fera quand on qualifiera correctement les capacités de chacun-e et surtout que chacun reconnaîtra ses dimensions plutôt que d'envier mentalement celles qui ne lui correspondent pas dans son entité ontologique.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19/11/2017

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Les Épîtres de saint Paul font partie du Nouveau Testament. Des extraits de ces épîtres sont fréquemment lus par les officiants dans les églises. Dans sa première épître aux Corinthiens, Paul a parlé de la la position de la femme en ces termes (versets 7 à 10):

"L'homme n'est pas tenu de se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu; la femme, elle, est la gloire de l'homme.
En effet, ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme;
et ce n'est pas l'homme qui a été créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l'homme.
C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit porter sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend."

En islam, ce n'est pas mieux. L'obligation de la femme de se soumettre à l'homme est connue de tous.

Je le répète: si l'on veut parvenir à une vraie égalité femmes-hommes, il faut jeter aux orties les idées complètement désuètes du Tanakh, de la Bible et du Coran.

À noter que le seul livre qui mériterait de se trouver dans le Nouveau Testament n'y figure pas: il s'agit de l'Évangile de Thomas. Dans les Évangiles canoniques les faits, gestes et paroles de Jésus ont été l'objet de tant de retouches et d'adjonctions successives au cours des deux ou trois premiers siècles que l'on n'y reconnaît pas l'enseignement du Maître. Le seul Évangile fiable est celui de Thomas, qui ne contient rien de discriminatoire envers les femmes. Le paulinisme a causé beaucoup de mal à la doctrine de Jésus en la trahissant complètement.

Écrit par : Mario Jelmini | 19/11/2017

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L'égalité complète est-elle une chimère ou un objectif réaliste?
Dans la mesure où elle constitue un objectif réaliste, souhaitons-nous la réaliser chez nous (en Suisse) ou aurait-elle une vocation universelle ?
Est-il légitime de vouloir changer les mentalités, chez nous respectivement partout ?
Y aurait-il une contradiction entre l'objectif d'égalité et la valeur accordée par la société à la compétition et aux gagnants (notamment dans le sport)?
A quelles conditions reconnaissons-nous aux individus la liberté de ne pas souhaiter l'égalité ?

Écrit par : Laurent Hirsch | 20/11/2017

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Selon les religions monothéistes qui ont exercé et continuent à exercer leur emprise sur nos sociétés, Dieu a d'abord créé l'homme. Par la suite, à partir de l'homme et pour servir l'homme, il a créé la femme, conçue dès le départ comme un être inférieur à l'homme. C'est d'ailleurs à la suite de la création de la femme et par sa faute que le péché est apparu sur Terre. Ces absurdités sont malheureusement encore et toujours enseignées au XXIème siècle par le pape, les cardinaux, les évêques, les curés, les pasteurs, les témoins de Jéhovah, les mormons, les popes, les imams et autres arriérés du bocal. Tant qu'il se trouvera des gens pour croire à ces mensonges éhontés, tant que nos esprits n'auront pas fait table rase des insanités proférées par les religions, tant que ces religions n'auront pas été reléguées aux oubliettes de l'histoire ou définitivement cataloguées comme appartenant à la mythologie, la notion d'égalité (plus précisément: la notion d'égalité des droits et des devoirs) entre femmes et hommes aura de la peine à s'imposer, dans les esprits comme dans les faits.

Écrit par : Mario Jelmini | 22/11/2017

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